Le code des condoléances

Code de condoléance

Comment communiquer au moment d’un décès ? Que dire à la famille ? Et comment soutenir quand on reste sans voix, sans mots ? Pourtant communiquer reste essentiel aux endeuillés…

Face au deuil, seul le silence blesse…

Une résistance face à l’adversité. Inventé et défini dans les années 70 par le psychanalyste Boris Cyrulnik, désigne la capacité à surmonter un choc, une blessure, un malheur, même particulièrement difficile et douloureux, et à finalement retrouver ensuite une vie satisfaisante. Une aptitude que certains ont fortement développée autres, la résilience demande des Face au deuil, chacun révèle ses capacités de résilience, sa capacité à continuer sa vie, être aimé. Les personnes seules peuvent y parvenir, mais un foyer, que ces aptitudes peuvent se déployer.

Pour Michel Delage, psychiatre spécialisé en thérapie familiale et auteur d’un ouvrage sur “ La résilience familiale ” (Ed. Odile Jacob), « la famille peut devenir un véritable lieu de résilience », face à une maladie ou à un deuil : on se répare, on se sépare du défunt, et tous ensemble. Certes, l’onde de choc du deuil touche toute la famille. Mais chaque membre, avec sa façon singulière de réagir, participe à construire cette résilience que chacun nourrit et dans laquelle tous puisent du courage… Encore faut-il que la famille soit tissée de liens suffisamment forts pour assurer « la sécurité affective et une bonne communication. Il faut qu’on s’y entraide, et que l’on se parle vraiment », souligne Michel Delage pour qui de tels échanges se voient souvent initiés par un père, une soeur, plein d’espoir, de dynamisme, et qui entraîne les autres… Si les liens y sont trop lâches, s’il n’existe aucune solidarité, chacun s’emmure alors dans une douleur individuelle infinie. S’ils sont trop rigides et étouffent les individus, toute émotion personnelle devient interdite. Dans ces deux cas, la communication ne passe plus. L’idéal, selon le psychiatre réside dans « une juste distance entre les deux » : savoir parler quand il le faut, savoir écouter et se taire ; savoir partager sa douleur, et savoir aussi en garder pour soi ; accepter de soutenir et accepter de se faire porter…

Le lien familial n’empêche pas la souffrance du deuil, mais il permet ainsi de la traverser, d’accepter le décès, l’absence, l’incompréhension. Puis, après un temps, de se tourner à nouveau vers la vie.

Dominique Mazure

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